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Rentabiliweb se rêve en Free de la banque

Publié le 24-01-2012

24/01/12 | par Nicolas Rauline Les Échos

Jean-Baptiste Descroix-Vernier n'est pas peu fier de son coup. Le patron aux tresses et aux lunettes fumées, qui vit sur une péniche à Amsterdam, fait son entrée dans le monde de la banque. Lui qui a bâti Rentabiliweb, un groupe réalisant plus de 100 millions de chiffre d'affaires sur le marketing et le paiement sur Internet, lance aujourd'hui ses services bancaires, Be2Bill.

Une suite logique après son agrément par la Banque de France, il y a plus d'un an, et son entrée au Groupement Carte Bancaire en juillet. "Nous nous focalisons d'abord sur les professionnels et notamment les e-commerçants qui sont nos clients historiques", indique Jean-Baptiste Descroix-Vernier.

Réduction des coûts

Rentabiliweb gérera ainsi les transactions en ligne de plusieurs de ses 82 000 clients e-commerce actuels, avec qui il a testé le service depuis septembre. Parmi ceux-ci devraient figurer plusieurs enseignes des groupes Pinault et Arnault (PPR et Groupe Arnault sont présents au capital de Rentabiliweb). "Pour séduire les e-commerçants, nous sommes partis d'un constat, explique Jean-Baptiste Descroix-Vernier. Sur Internet, moins de 2% des gens qui entrent dans une boutique achètent réellement. Dans le monde physique, la proportion est de 50%. Nous avons l'expertise pour permettre aux e-commerçants d'augmenter ce taux de transformation."

Rentabiliweb proposera donc des offres globales incluant marketing en ligne, solution de paiement et traitement des transactions. "Nous avons réalisé une étude sur 236 sites durant 6 mois. Ceux que nous avons gérés ont vu leurs ventes progresser de 15% et leurs coûts bancaires baisser de 9% en moyenne, tandis que leur taux de "fausse" transaction était réduit de 12%, note Jean-Baptiste Descroix-Vernier. Le secteur connait la même déréglementation que les Télécoms il y a vingt ans. Nous nous sommes les Free de la banque."

Rentabiliweb mise beaucoup sur ces nouveaux services. En France, de 35 à 40 milliards d'euros de transactions sur Internet seraient réalisés par les banques. Des sommes en croissance d'environ 20% par an. Les prestations bancaires varient de 0.5 à 3% de ces montants, la moyenne étant proche de 1%.

"Même si l'on ne prend que quelques points de parts de marché ce sera très significatif pour nous en termes de chiffre d'affaires et de marge.", estime Jean-Baptiste Descroix-Vernier. Le tout pour un investissement plutôt réduit (1.5 millions d'euros financés en 2010 et plus de 3 millions d'euros en 2011), entièrement autofinancé. Pour le patron de Rentabiliweb, sa société pourrait ainsi se rapprocher des "champions du web" en la matière qui , tels que le site d'annonces immobilières SeLoger.com, affichent des taux de marge situés entre 40% et 50%.